En Afrique, les masques ont une origine mythique. Ils sont utilisés en diverses circonstances comme esprits maléfiques ou bienfaisants. Les Bushoong en connaissent trois types : ngady a mwaash, bwoom (p.e. AE.0332) et mwosh a mbwoy.
Le masque ngady a mwaash est par essence un masque féminin porté par les hommes. Il représente Mweel, la soeur-épouse de Woot. Particulièrement luxueux, il est orné de motifs géométriques polychromes dominés par des triangles. Sa coiffure est faite de raphia orné de cauris et de perles ; le reste du masque est en bois joliment peint.
Le masque est utilisé au cours de danses symbolisant les activités traditionnelles de la femme – allaiter, préparer le repas – ou évoquant les ablutions de ses parties intimes. Pendant la représentation ou le spectacle, il réagit de manière capricieuse aux avances du masque masculin bwoom. Il est donc l’incarnation des valeurs féminines.
Joseph Cornet relève son ornementation somptueuse où abondent des lames de cuivre, des étoffes, des cauris et des perles. Une bande tissée tendue entre le nez et le menton et ponctuée de perles couvre parfois la bouche.
Les lignes obliques partant des yeux vers les joues évoquent les traces laissées par des larmes. Pour les uns, elles rappellent la mélancolie de Mweel, la douleur de la séparation et le départ de son frère-époux Woot vers d’autres cieux. Pour d’autres, ces traces évoquent la tristesse, la mélancolie ressentie par celui qui voit le soleil se coucher alors que ses tâches quotidiennes ne sont pas terminées. Un chant immortalise ce chagrin : « Nye ndaph’sh itaang » (« Qui peut faire en sorte que le soleil se lève à nouveau afin de me permettre de terminer mon programme quotidien ? »). [Source: Bope Nyim-a-Nkwet, Matthieu dans: 100xCongo, 2020: 226]